À l’occasion du Bicentenaire de la photographie, l’Alliance Française de Shanghai vous invite à une rencontre exceptionnelle avec deux photographes françaises, Lorraine Thiria et Laurence Chellali, dont les pratiques, à la fois très différentes et profondément complémentaires, interrogent notre rapport à l’image, au temps, à la matière et à la réalité.

Cette rencontre s’inscrit également dans le cadre du Mois franco-chinois de l’environnement de l’Ambassade de France en Chine, notamment pour sa démarche éco-responsable. À travers leurs travaux et leurs expériences, les deux artistes proposeront un dialogue autour de la photographie :
Comment une image naît-elle ?
Comment transforme-t-elle le réel ?
Quelles émotions face à une photographie, d’autant plus dans un autre contexte culturel ?

Lorraine THIRIA
Photographe et peintre française, Lorraine Thiria développe un travail consacré à la matière, au temps et à la mémoire. Sa démarche s’intéresse notamment aux murs et aux paysages urbains, dont elle prélève les traces avant qu’elles ne disparaissent ou ne soient recouvertes. Sur les surfaces, elle observe les empreintes laissées par le temps : transformations, effacements, superpositions et réécritures successives de la matière.
Son travail joue ainsi sur la frontière entre photographie abstraite et figurative. La photographie devient un moyen de révéler ce qui est parfois invisible au premier regard et de faire apparaître une mémoire résiduelle de la matière.

Dans le cadre de sa résidence artistique à Pékin, en septembre de cette année, Lorraine Thiria explore les correspondances visuelles entre les murs urbains dePékin et de France, sous la forme de diptyques et triptyques abstraits associant matières, traces et empreintes. Ce projet donnera naissance à une série photographique qui interroge également la transformation permanente du paysage urbain.
Son approche ne s’arrête toutefois pas à la prise de vue : le choix du support, de la matière et de la lumière participe lui aussi à la création de l’œuvre. Impression sur différents papiers, tissus transparents, Plexiglas, verre ou aluminium brossé deviennent autant de façons de modifier notre relation à l’image.

Laurence CHELLALI
Laurence Chellali développe quant à elle une démarche singulière autour d’un procédé photographique historique : le daguerréotype.
Laurence Chelalli accompagne aussi des groupes de photographes étrangers dans toute la Chine. Ces voyages interculturels, où se mêlent passion pour l’image et étonnements, permettent à ces apprentis photographes d’appréhender des paysages ou des situations singulières dans un pays si vaste et si diverse.

Inventé en France au XIXᵉ siècle par Louis Jacques Mandé Daguerre, le daguerréotype constitue l’une des premières formes de photographie. Présenté officiellement à Paris en 1839, il transforme profondément notre manière de représenter le réel et de conserver la mémoire.
Aujourd’hui devenu extrêmement rare, ce procédé repose sur la création d’une image unique sur une plaque de cuivre recouverte d’argent. Contrairement aux procédés photographiques modernes, il n’existe ni négatif ni possibilité de reproduction : l’image est à la fois photographie, objet et œuvre. Sa particularité est également perceptible dans son rendu visuel : selon l’orientation de la lumière, l’image peut apparaître puis disparaître, donnant au daguerréotype une dimension presque mouvante, énigmatique et fantomatique.
Deux regards, une même question : comment regarder une photographie ?
La rencontre réunira ainsi deux pratiques qui semblent, au premier abord, très éloignées : d’un côté, le travail de Lorraine Thiria sur les traces, la matière et les transformations du paysage ; de l’autre, la recherche de Laurence Chellali autour d’un procédé photographique presque disparu. Pourtant, leurs démarches se rejoignent autour d’une même interrogation : qu’est-ce qu’une photographie nous fait voir, mais aussi qu’est-ce qu’elle nous fait ressentir ?
La photographie est-elle une simple trace du réel ? Peut-elle au contraire le transformer et le réinterpréter ? Comment le choix d’un support, d’une matière ou d’une technique modifie-t-il notre perception d’une image ? Et comment nos références culturelles influencent-elles notre manière de comprendre une photographie ?
Dans un contexte franco-chinois, ces questions prennent une dimension particulière. Une image peut être immédiatement comprise lorsqu’elle représente un portrait, un paysage ou un animal, mais certaines photographies plus symboliques nécessitent un bagage culturel pour être pleinement interprétées. Au cours de cette rencontre, les deux artistes partageront donc leurs expériences et leurs réflexions sur la photographie, la création artistique et le regard, en s'appuyant sur leurs œuvres.

Modérateur : Guillaume GRANGEON
Guillaume Grangeon est spécialiste de la coopération éducative et culturelle internationale. Son parcours l’a conduit à diriger plusieurs Alliances Françaises, notamment au Guatemala, en Inde et aujourd’hui à Shanghai.
Passionné de photographie, il découvre la pratique argentique et l’ensemble du processus de développement photographique dans la chambre noire d’un lycée de Detroit, dans le Michigan, où il enseignait alors le français. Cette première expérience lui fait entrevoir la photographie comme un processus à la fois technique, artisanal et artistique.
Depuis, il porte un intérêt particulier aux procédés originels de la photographie, à la matérialité de l’image et au travail de développement qui se situe entre la prise de vue et l’image finale. C’est avec ce regard, à la croisée de la culture, de la transmission et de la pratique photographique, qu’il animera cette conférence.
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Date:Dimanche 11 octobre 2026 à 15h30
Lieu:Salle de Marseille, 6e étage de l'AF de Shanghai
Langue:Conférence en français, avec interprétation chinoise